Le 25 juin 2015, le Comité économique et social européen (CESE) a tenu, à Bruxelles, une conférence sur l'intégration des immigrés dans le marché du travail. Cette réunion s'est penchée sur les ressortissants de pays tiers s'installant au sein de l'Union Européenne dans un contexte de réunion familiale, pour travailler ou pour  étudier. Parmi les orateurs, l'on pouvait compter des représentants du Parlement européen, de la Commission européenne, d'agences européennes, de l'OCDE, d'entreprises ou encore d'organisations de la société civile de divers États membres.

Cet événement fut l'occasion de rappeler les avantages de l'intégration des immigrés dans le marché du travail. Les participants semblaient largement d'avis que l'Union européenne avait besoin de travailleurs migrants afin de maintenir une économie vigoureuse en prévision de l'évolution démographique que l'Europe est en passe de connaître. Il a été précisé que, contrairement à ce que l'on craint souvent, les immigrés n'ont pas occasionnés des coûts considérables pour les systèmes de sécurité sociale. En outre, les participants s'accordaient à dire que l'UE devait s'efforcer d'attirer davantage les étudiants et les chercheurs hautement qualifiés.

La conférence a également examiné les défis qui subsistent tels que la reconnaissance des qualifications et la divergence des cadres juridiques (les directives « Carte bleue » et « Permis unique »). On y a également appris que dans la plupart des pays européens, les taux d'emploi de travailleurs immigrés sont bas et que les programmes d'intégration présentent des failles. En effet, il y a notamment la problématique de l'équivalence des qualifications et des compétences acquises dans un pays tiers mais également, dans une moindre mesure, la barrière de la langue. Il a également été  souligné qu'il était très difficile de faire en sorte que les parties impliquées – immigré, pays d'origine et pays d'accueil – soient toutes les trois gagnantes. Toutefois, il a néanmoins été rappelé que les enfants des immigrés entraient également en nombre croissant  sur le marché du travail.

Par ailleurs, les différents intervenants ont partagé des exemples d'expériences fructueuses dans les domaines de l'éducation, de l'apprentissage linguistique et de l'emploi. Parmi les exemples mentionnés, il y avait notamment des projets en Allemagne encourageant les entreprises privées à recruter et intégrer des immigrés, et assurant un service d'orientation professionnelle et éducative pour les jeunes issus de familles immigrées. Autres exemples, un projet à Barcelone visant à soutenir les immigrés cherchant à faire valoir leurs qualifications dans leur pays d'accueil, ou encore un projet à Bruxelles, mis sur pied pour garantir l'inclusion des jeunes immigrés sur le marché du travail. Le facteur de réussite clé de ces exemples fructueux semble être la bonne coordination et la bonne coopération à divers niveaux, aussi bien au niveau central qu'au niveau des gouvernements locaux, partenaires sociaux et ONG.

Les conclusions de cet évènement seront partagées avec le Groupe d'experts sur la Migration économique de la Commission européenne en vue de l'élaboration d'une nouvelle politique sur la migration légale de ressortissants de pays tiers et de la révision de la directive « Carte bleue ».