Le 28 février 2018, l'Université d'Helsinki a été fermée pour la deuxième fois au cours des 100 dernières années. C’est ce que rapporte l'Opetusalan Ammattijärjest (OAJ), l'une des organisations membres du CSEE en Finlande.

Des centaines de personnels de l'enseignement supérieur ont manifesté leur mécontentement à l'égard du rejet par l'employeur de la solution de conciliation proposée par le Bureau du conciliateur national. L’université finlandaise est en fait privée de convention collective depuis le début du mois de février 2018. Les négociations pour le nouvel accord de convention collective sont au point mort car l'employeur fait preuve de mépris envers son personnel depuis le début des négociations. En outre, les propositions d’augmentation des salaires sont tellement infimes qu’elles ne reflètent aucun respect pour le précieux travail accompli par le personnel. Les universités peuvent se permettre d'augmenter les salaires tout en maintenant le niveau opérationnel actuel car leurs déclarations financières de 2016 ne sont pas déficitaires. En outre, les coupes des financements gouvernementaux ont déjà été compensées par des réductions massives de personnel.

« L'employeur est totalement réticent à discuter des objectifs importants pour les employé(e)s, comme l'amélioration du statut des employé(e)s à durée déterminée, la rationalisation de l'utilisation des heures de travail, la discussion sur la compensation du temps de déplacement et du travail à distance, l'amélioration des conditions de recherche et les augmentations de salaire raisonnables » a déclaré l’OAJ.

En signe de soutien envers l'une des organisations membres du CSEE, Susan Flocken, Directrice européenne du CSEE, a déclaré « Le CSEE estime que des enseignant(e)s bien soutenu(e)s et des étudiant(e)s engagé(e)s constituent les fondements de la qualité de l'enseignement supérieur. Les organisations membres du CSEE font quotidiennement état de la détérioration des conditions de travail et de vie des enseignant(e)s, notamment du gel des salaires et des coupures budgétaires. Pour préserver la qualité de l'enseignement supérieur, les gouvernements doivent soutenir les enseignant(e)s et le personnel de l'université en leur témoignant leur respect et leur reconnaissance pour leur travail, notamment en garantissant un salaire décent ».

La prochaine action de grève aura lieu le 7 mars 2018 aux six universités. La troisième action de grève ciblée prendra la forme d’une grève dans sept universités et écoles sous le patronage de ces universités. Elle aura lieu le 14 mars 2018, de 0h00 à 24h00, sauf si les négociations peuvent se conclure avant le 13 mars.

Le CSEE reste un acteur fondamental de la défense des intérêts pour une réponse à l'échelle européenne, menée par la Confédération Européenne des Syndicats (CES) et continue sa lutte pour la restauration de la négociation collective, encouragée et promue comme la seule façon de lutter contre les inégalités de salaire et de richesse à travers l'Europe.

Les négociations se poursuivront malgré le dépôt du préavis de grève.