Le vendredi 27 avril 2018 s’est tenue à Bruxelles la réunion du Dialogue social sectoriel européen pour le secteur de l’éducation (DSSEE). La réunion portait sur la nécessité de compétences numériques pour les étudiant(e)s et les enseignant(e)s pour une éducation inclusive, sur le Plan d’action européen pour l'éducation numérique, l'utilisation du Fonds Social Européen (FSE) pour l'éducation et la formation, et l'ensemble du cadre financier pluriannuel (CFP) post-2020 comme outil clé pour permettre à l'Europe d'atteindre les objectifs de développement durable (ODD) d’ici 2030. Le Groupe de travail a rassemblé des expert(e)s nationaux/ales et des délégué(e)s des organisations membres du CSEE et de la Fédération européenne des employeurs de l'éducation (FEEE), qui ont discuté et partagé les expériences et bonnes pratiques sur des sujets du programme de travail 2018-2019.

Les partenaires sociaux ont reconnu que même si l'utilisation d'internet et d'autres outils numériques est massivement répandue, de nombreux/ses utilisateurs/trices n'ont toujours pas les compétences numériques pour les utiliser de façon critique. Le développement de ces compétences chez les enfants et les adultes est l'un des plus grands défis de l'enseignement au 21e siècle. Le Plan d'action européen pour l'éducation numérique est la réponse institutionnelle de la Commission européenne à ce défi. Les délégués ont complété la présentation par une description de leur contexte national en matière de compétences numériques et d'éducation inclusive, toutes deux considérées comme d’importantes priorités pour réduire les inégalités à travers l'Europe, comme le soulignent les Rapports nationaux dans le cadre du semestre européen et du Tableau de bord social qui cartographie la mise en œuvre du socle européen des droits sociaux.

En ce qui concerne le CFP post 2020, l'utilisation des fonds européens pour l'éducation et la formation et le renforcement des capacités dans le cadre du dialogue social, plusieurs bonnes pratiques sur l'utilisation du Fonds social européen (FSE) à ces fins ont été présentées par les syndicats de l'éducation et les organisations d'employeurs de l'éducation. En vue de tirer les leçons du passé, les représentant(e)s du CSEE ont également souligné l'évolution préoccupante du financement européen en remplacement du financement national, ce qui augmente la dépendance des systèmes éducatifs par rapport aux fonds européens pour assurer une éducation de qualité. Ils ont également souligné les pratiques inappropriées de fusion entre le financement public et privé dans l’UE. Le représentant de la DG Emploi de la Commission européenne a rassuré les participant(e)s au groupe de travail sur le fait que la Commission européenne n’appuiera pas les partenariats public-privé (PPP) dans les domaines où ils ne sont pas adaptés, notamment l'éducation et les services publics. Une certaine insécurité entoure toujours le CFP post 2020, notamment en ce qui concerne la diminution des fonds en raison du Brexit, le conditionnement de l'affectation des fonds à la mise en œuvre des recommandations nationales et la complexité de la gestion des fonds. Préalablement à la nouvelle proposition pour le CFP post 2020, les délégué(e)s ont souligné l'importance d’utiliser absolument chaque ressource publique de l'UE d'une manière durable et équitable, dans l'éducation et/ou dans des projets de renforcement des capacités, afin que l'Europe puisse atteindre ses objectifs de développement durable. Les partenaires du DSSEE ont convenu de continuer à travailler pour assurer que les fonds de l'UE consacrés à l'éducation et à la formation contribuent efficacement à la qualité de l'éducation dans une perspective 2030.