Du 26 au 28 septembre 2018, la deuxième visite d'étude de cas du projet «Les partenaires sociaux sectoriels européens dans l’éducation pour promouvoir l'intégration effective des migrants et des réfugiés dans l'éducation» s'est déroulée en Serbie, avec le soutien de l'organisation membre du CSEE en Serbie, le Syndicat des enseignants de Serbie (TUS), partenaire du projet. La visite visait à identifier les défis, les solutions concrètes et les initiatives conjointes des partenaires sociaux mises en place pour intégrer efficacement les migrants et les réfugiés dans l’éducation. Les représentants du CSEE et de l'EFEE, l'expert en recherche accompagnant le projet (le professeur Nihad Bunar, de l’université de Stockholm) et les représentants du Groupe consultatif du projet de Slovénie (SVIZ-ESTUS) et d'Irlande (ETBI) ont eu l'occasion d'en apprendre davantage sur les bonnes pratiques et les défis du système éducatif serbe en ce qui concerne les politiques d'inclusion et d'intégration.

Au cours de la visite d'étude, les participants ont eu l'occasion de débattre avec le ministère de l'Éducation, le Commissariat serbe pour les réfugiés, l'UNICEF, des représentants d'ONG, des enseignants et des chefs d'établissement, des étudiants migrants et des parents, des enseignants réfugiés et des responsables politiques locaux de la manière dont les lignes directrices nationales pour l’intégration des migrants et des réfugiés dans les établissements d'enseignement ont été formulées et mises en œuvre à tous les niveaux.

Pays de transit pour les réfugiés, la Serbie accueille actuellement 3.360 demandeurs d'asile, dont 344 enfants inscrits dans 33 écoles du pays. En vue de garantir l'accès à une éducation de qualité pour les enfants demandeurs d'asile, la communauté serbe se mobilise dans un esprit de partenariat pour faire face au large éventail de défis existants - de l'acquisition de la langue à l'enseignement et à l'apprentissage dans la langue maternelle et dans une deuxième langue, à la prise en charge d'étudiants déplacés ayant subi un traumatisme ou même à la logistique et aux aspects pratiques liés à la restauration, au transport depuis ou vers les centres d'asile et aux fournitures scolaires pour un environnement scolaire favorable. Le manque de financement et de soutien financier des donateurs et des institutions internationales et leur diminution constituent une menace supplémentaire pour la durabilité du processus d’intégration et d’inclusion.

Dans tous les centres d’asile et établissements d’enseignement visités à Belgrade, à Sombor et à Subotica, la délégation chargée de l’étude a été informée de la demande croissante d’enseignants, de formateurs et de chefs d’établissement à tous les niveaux de l’enseignement pour répondre aux besoins des enfants migrants et réfugiés. La nécessité d'un développement professionnel continu sur des sujets comme la langue serbe en tant que deuxième langue sec, les compétences interculturelles et le soutien psychosocial, ainsi que d’une forme de compensation et de récompense pour le travail supplémentaire accompli, a été au centre des discussions et est considérée comme une condition préalable essentielle à l'intégration effective des migrants et les réfugiés dans l'éducation.

En conclusion de la visite, les partenaires sociaux aux niveaux national et européen ont convenu de l’importance d’un dialogue social continu sur cet important sujet, ainsi que du renforcement des partenariats avec tous les acteurs de la société et de la communauté scolaire, soulignant l’importance d’une coopération européenne efficace basée sur une meilleure connaissance de la situation dans les différents pays de l'UE et dans les pays candidats à l'adhésion à l'UE pour garantir l'égalité des chances en matière d'éducation aux enfants migrants et réfugiés.

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