En réponse à une récente consultation publique lancée par la Commission européenne, le CSEE a publié son point de vue à propos de la situation actuelle de l’égalité des genres au sein de l’éducation et de la profession enseignante en Europe, ainsi qu’une série de propositions de priorités et de mesures à intégrer à la future stratégie de la Commission pour l’égalité des genres et/ou destinées à la renforcer. Dans ce document, le CSEE souligne la nécessité de mettre en place une stratégie solide de l’UE pour l’égalité des genres, accordant la priorité à l’éducation, considérée comme un pilier central de la construction d’une société soucieuse de l’égalité des genres, et intégrant aux politiques européennes les thématiques liées à l’égalité. Par ailleurs, le CSEE estime qu’il est crucial pour la Commission européenne de soutenir les initiatives des partenaires sociaux aux niveaux européen et national, afin que la dimension du genre soit incluse dans le dialogue social du secteur de l’éducation.

La Directrice européenne Susan Flocken a souligné le rôle essentiel des syndicats de l’enseignement, des enseignant·e·s et de la communauté universitaire dans la lutte pour l’égalité des genres au sein de la société européenne d’aujourd’hui : « A l’heure où l’exclusion sociale s’intensifie et où le discours politique conservateur de l’extrême droite vise à reléguer les femmes dans leur cuisine et à supprimer leurs droits, nous devons plus que jamais adopter une approche de l’éducation qui intègre la dimension du genre et faire en sorte que nos établissements scolaires soient guidés par les principes de la démocratie, de la tolérance, de l’égalité et des droits humains ».

La ségrégation à l’aune du genre étant la résultante de la persistance des stéréotypes sexistes dans certaines filières d’études, le CSEE rappelle l’importance d’adopter une approche de la dimension du genre dès l’éducation de la petite enfance, d’assurer un développement professionnel continu pertinent à cet égard et de proposer des outils pédagogiques modernes pour intégrer cette approche. Le CSEE recommande également que toutes les stratégies futures pour l’égalité des genres aient pour objectif de relever le statut des professionnel·le·s du secteur de l’éducation, en vue de pouvoir attirer plus d’hommes dans la profession enseignante et combattre la ségrégation sexiste sur le marché du travail.

Bien qu’une avancée ait pu être observée avec l’adoption récente de la Directive concernant l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée des parents et aidant·e·s, le CSEE souligne que davantage de mesures peuvent être prises pour alléger la charge de travail des enseignant·e·s et diminuer les attentes induites par les moyens de communication numériques, selon lesquels ils·elles doivent pouvoir être joignables à tout moment. Le CSEE rappelle également que les femmes sont souvent contraintes de travailler à temps partiel ou de signer des contrats précaires en raison de leurs responsabilités familiales et de leur manque de confiance lorsqu’il s’agit de briguer des postes de direction. Raison pour laquelle le CSEE recommande à la Commission européenne de tenir compte de la nature multiple des écarts de rémunération et de pension entre les femmes et les hommes et de l’importance de voir un plus grand nombre de femmes occuper des postes de direction dans les secteurs de l’éducation et de la recherche.

Le CSEE invite ses organisations membres à se pencher sur les défis liés à l’égalité des genres et de faire part de leurs solutions éventuelles aux responsables politiques européen·ne·s et aux expert·e·s en matière d’égalité qui seront présent·e·s à la Conférence de clôture de son projet « Donner aux syndicats de l’enseignement les moyens d’aborder l’égalité des sexes dans la profession enseignante à travers le dialogue social », organisée à Bucarest, en Roumanie, les 16 et 17 septembre 2019. La date limite pour les inscriptions est le 17 juin 2019.

La position du CSEE à ce sujet peut être consultée en intégralité ici.