La semaine dernière, des milliers d'enseignants et autres employés du secteur de l'éducation sont partis en grève dans plusieurs Etats fédérés d'Allemagne afin de revendiquer une hausse des salaires, protester contre les coupes dans les régimes de pension et exiger des conventions collectives régissant les échelles salariales des enseignants de la fonction publique. Les actions seront étendues à d'autres Etats fédérés cette semaine. En Allemagne, la négociation collective pour le secteur de l'éducation réunit autour de la table les représentants des Etats fédérés et les syndicats du secteur public.

Ces syndicats, parmi lesquels les affiliés du CSEE, GEW et VBE, exigent 5,5 % d'augmentation salariale et un accord collectif pour l'ensemble des employés de la fonction publique. Cette revendication touche également aux spécificités du système éducatif allemand. Les travailleurs du secteur de l'éducation se divisent en deux catégories : les fonctionnaires et les employés publics. Les fonctionnaires n'ont pas le droit de grève, mais perçoivent des rémunérations nettes et des pensions plus élevées que les employés publics. Ce qui aboutit à la situation que l'on connaît actuellement, où certains Etats fédérés voient leurs écoles fermées pour grève, d'autres non. Plus particulièrement, dans l'Etat fédéré de Saxe où pratiquement aucun enseignant n'est fonctionnaire, les grèves seront importantes et permettront de sensibiliser l'opinion.

Au cours du dernier cycle de négociation, les employeurs ont déclaré qu'ils feraient une offre concernant l'augmentation des salaires, uniquement si les syndicats acceptent les coupes dans les régimes de pension professionnelle des employés. Ce qui entraînerait un désavantage encore plus grand pour les employés publics par rapport aux fonctionnaires, vu que leurs pensions seraient encore moins élevées. Les employeurs justifient leur position en soulignant qu'ils sont actuellement limités par les mesures d'austérité, décidées il y a de cela plusieurs années, et qui ne leur permettent plus de contracter de nouvelles dettes à partir de 2020. Pour leur part, les syndicats déclarent que de nombreuses coupes dans les pensions ont déjà été décidées depuis 2001.

Les grèves devraient se poursuivre dans les différents Etats fédérés jusqu'au prochain tour de négociation, prévu le 6 mars 2015.