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Politique

violenceclassroomLes établissements scolaires - lieu de travail des enseignants et du personnel de l'éducation, mais aussi lieu d'apprentissage des jeunes - doivent offrir des environnements sûrs et sains afin de réunir les meilleures conditions possibles pour enseigner et étudier.

En règle générale, les établissements scolaires sont des lieux où les enfants, les jeunes, les enseignants et les autres employés de l'éducation se sentent en sécurité. Lorsqu'elles sont disponibles et rendues publiques, les statistiques ou les conclusions des inspections indiquent que ce sont précisément ces caractéristiques qui mettent en valeur les écoles. Aussi insiste-t-on parfois sur le fait que l'enfant issu d'un milieu familial en crise, pauvre ou confronté à diverses difficultés liées à la précarité, pourra trouver dans l'enceinte de l'école un environnement où règne la sécurité.

Toutefois, lorsque surviennent des incidents graves dans les écoles, ceux-ci portent préjudice à l'enseignement et ont une influence négative sur l'environnement de travail des enseignants et la qualité de l'apprentissage. Bien que les violences graves restent rares, celles-ci, lorsqu'elles se produisent, peuvent avoir des effets traumatisants à la fois sur les parties impliquées que sur les témoins des faits, qu'il s'agisse des enseignants ou des élèves.

Il appartient dès lors aux institutions éducatives de prendre toutes les mesures utiles pour prévenir les actes de violence en milieu scolaire, ainsi que toute forme de harcèlement du personnel, afin de favoriser la création d'environnements propices à l'apprentissage des jeunes et permettant aux enseignants d'exercer leur profession en toute sécurité dans des lieux positifs et sains.

L'Agence européenne pour la santé et la sécurité au travail (EU-OSHA) définit la violence en milieu professionnel comme « tout comportement incorrect visant à humilier et à abaisser une personne en portant atteinte à son bien-être, à sa santé, à ses valeurs et à sa dignité ». Dans son rapport sur la violence physique et psychologique sur le lieu de travail, EUROFOUND révèle que 6 % des travailleurs en Europe ont déjà été victimes d'une forme ou l'autre de violence. Les conclusions du rapport indiquent que la violence a une influence déterminante sur le bien-être des travailleurs et est étroitement liée à leur taux d'absentéisme.

Le harcèlement, qui peut être un comportement déplacé, inopportun ou indésirable, allant de la remarque déplaisante à la violence physique, a des répercussions considérables sur le lieu de travail. Le harcèlement et la violence peuvent :

  • être physiques, psychologiques et/ou sexuels.
  • se manifester sous la forme de comportements occasionnels ou systématiques.
  • survenir entre collègues, entre supérieurs et subalternes, être le fait de tiers, tels que des clients, des patients, des élèves, etc.
  • s'étendre de cas mineurs tels que le manque de respect à des actes beaucoup plus graves classés dans la catégorie des infractions pénales requérant une intervention de la part des autorités publiques.

Au travers de l'Accord-cadre européen sur le harcèlement et la violence au travail (2007), les partenaires sociaux européens UNICE, UEAPLME, CEEP et CES (et le comité de liaison EUROCADRES/CEC) se sont engagés à lutter contre la violence en milieu professionnel. L'objectif consiste à mieux faire prendre conscience de cette problématique et d'offrir à la fois aux employeurs et aux employés « un cadre proposant des actions concrètes pour reconnaître, prévenir et gérer les situations de harcèlement et de violence sur le lieu de travail ». La quatrième enquête européenne sur les conditions de travail menée en 2005 à travers l'Europe des 27, dans les deux pays candidats que sont la Turquie et la Croatie, ainsi qu'en Suisse et en Norvège, offre plusieurs conclusions intéressantes concernant les niveaux de violence, d'intimidation ou de harcèlement avérés sur le lieu de travail. L'enquête révèle notamment que, dans l'ensemble, environ 10 % des travailleurs déclarent avoir fait l'objet de violence, d'intimidation ou de harcèlement sur leur lieu de travail au cours des douze derniers mois, l'éducation figurant parmi les secteurs les plus à risque. En effet, les employés de ce secteur sont six fois plus exposés aux menaces de violence physique que leurs homologues du secteur manufacturier, tandis que 7,9 % d'entre eux déclarent avoir été victimes à titre personnel de violence physique de la part de leurs collègues de travail ou de personnes extérieures ne faisant pas partie du personnel (environ 5 % dans l'UE des 27) au cours des douze derniers mois.  Il ressort également de l'enquête que près de 6,6 % des employés de l'éducation ont été victimes d'intimidation ou de harcèlement (5 % dans l'UE des 27). Afin de permettre aux syndicats d'enseignants d'appliquer l'Accord-cadre de manière optimale, le CSEE travaille en profondeur sur cette problématique.

En 2010, le Comité du CSEE a adopté un Plan d'action actualisé sur la prévention et la lutte contre la violence à l'école, proposant des actions concrètes à mettre en œuvre au niveau européen, national, régional, local et dans les établissements scolaires, afin d'endiguer la violence et le harcèlement sur le lieu de travail.

Le CSEE s'engage non seulement à mettre un terme à ces deux fléaux sur le lieu de travail au travers de la prévention de la violence dans les institutions éducatives, mais également à lutter contre la violence de tiers et le cyber-harcèlement, tout en veillant à sensibiliser aux conséquences qu'engendrent ces problématiques au sein de l'éducation. A cet égard, le CSEE a coordonné un projet consacré à la prévention du cyber-harcèlement des enseignants, ainsi qu'un autre projet mené en collaboration avec la FEEE (Fédération européenne des employeurs de l'éducation) sur les moyens de prévenir et d'atténuer la violence de tiers dans les établissements scolaires.