À Malte, le MUT travaille avec le gouvernement et les partenaires sociaux pour guider le système éducatif à travers la crise du COVID-19

Infos actuelles: 17 avril 2020

L’épidémie de COVID-19 est une crise de santé publique totalement différente de tout ce à quoi l’Europe a été confrontée depuis de nombreuses années. Alors que le personnel éducatif et ses syndicats sont aux prises avec l'épidémie, nous soutenons et informons les organisations membres dans toute la mesure possible.

Le Syndicat maltais des enseignant·e·s (Maltese Union of Teachers – MUT) a adopté une approche proactive face à l'épidémie du COVID-19 et à son impact sur le système éducatif et le personnel. Nous avons parlé au Président du MUT, Marco Bonnici, pour en savoir plus.

CSEE: À Malte, le gouvernement et le MUT ont été en contact étroit tout au long de la crise du COVID-19. Quel impact cela a-t-il eu sur les mesures prises? Comment cela a-t-il profité à vos membres?

Marco Bonnici: Le MUT suit la situation du COVID-19 depuis des semaines et a donné des instructions claires aux membres de tous les secteurs pour assurer le bien-être des éducateur·trice·s et des étudiant·e·s. Le MUT a également formellement demandé au gouvernement d'engager des discussions conduisant à la fermeture des écoles pour éviter une nouvelle propagation du virus. Nous avons rencontré le Premier ministre et le ministre de l'Éducation immédiatement après leur annonce de la fermeture des écoles. Notre principale proposition concernait la création d’un groupe de travail composé des principales parties prenantes, mais nous voulions également nous assurer que tou·te·s les éducateur·trice·s de tous les secteurs représentés par le MUT conservent leur emploi, leur salaire et leurs indemnités. Le gouvernement a accepté ces demandes.

Le groupe de travail, qui comprend le MUT et les employeurs des écoles publiques, confessionnelles et indépendantes, s'est réuni régulièrement et a publié trois déclarations sur la façon dont les éducateur·trice·s devraient procéder. Le point principal, sur lequel le MUT a insisté, est que les parties prenantes font pleinement confiance au professionnalisme, au dévouement et à l'engagement des éducateur·trice·s envers leurs apprenant·e·s. Le groupe de travail a également fourni aux éducateur·trice·s de nombreuses initiatives de soutien ainsi qu'une plateforme de ressources en ligne centralisée. Ce groupe de travail a joué un rôle déterminant dans la mise en place immédiate d'un système pour fournir une orientation aux éducateur·trice·s, au personnel éducatif, à la direction et aux parents, et le MUT est fier de ce qui a été accompli en si peu de temps.

CSEE: Les écoles et les universités sont fermées jusqu'à la nouvelle année académique. Qu'est-ce que cela signifie pour les enseignant·e·s et le personnel éducatif en termes de charge de travail et de conditions d'emploi? Quel est l'impact sur les étudiant·e·s, en particulier ceux·celles qui sont issu·e·s de groupes vulnérables?

MB: La charge de travail a manifestement changé de manière radicale et le MUT s'attaque actuellement à toutes les questions relatives à l'enseignement en ligne au sein du groupe de travail mentionné, en particulier celles liées aux conditions de travail, qui sont inédites. Celles-ci ont inclus des pressions pour une surveillance supplémentaire, une bureaucratie supplémentaire, des réunions même pendant la récréation, des demandes pour que des éducateur·trice·s visitent des écoles, des décisions liées aux examens et d’autres exceptions ponctuelles.

Nous avons également constaté des problèmes liés aux médias sociaux, d'autant plus que les contacts en ligne entre les éducateur·trice·s et les parents ont augmenté de façon spectaculaire. Le MUT a publié un ensemble de lignes directrices et de conseils pour les enseignant·e·s sur l'utilisation sûre d'Internet, en particulier lors de la communication avec les élèves et les parents. En particulier, le MUT a dû s'opposer à des instructions et à des ordres qui contredisent l'esprit de professionnalisme convenu au sein du groupe de travail, des membres nous ayant indiqué qu'il·elle·s avaient été invité·e·s à utiliser une certaine plate-forme ou un certain média par rapport à d'autres. Le MUT a en effet ordonné à tou·te·s les membres, après accord au sein du groupe de travail, d'éviter les instructions qui limitent les méthodes ou la flexibilité et que de tels cas soient signalés au MUT.

En ce qui concerne les étudiant·e·s, le MUT a signalé un certain nombre de situations, notamment l'accès limité à la technologie de certains ménages, la fracture numérique et les étudiant·e·s dont l'environnement familial n'est pas propice à l'apprentissage. L'impact est inévitable, en particulier sur les groupes vulnérables et les élèves qui ont besoin d'un soutien à l'apprentissage. Le MUT note l'effort du gouvernement pour atteindre et fournir un soutien et une technologie à ces étudiant·e·s. Une évaluation complète de l’impact reste cependant à effectuer à la fin de cette période.

CSEE: Les examens auront donc lieu au début de la nouvelle année académique. Le MUT est-il satisfait de cette décision? À quoi les autorités doivent-elles penser en ce qui concerne l'impact sur les écoles, les universités, les travailleur·euse·s de l'éducation et les étudiant·e·s?

MB: Les décisions relatives aux examens ont été annoncées par le gouvernement de Malte en accord avec le MUT, et nous sommes satisfaits de la décision dans la situation actuelle, très difficile et unique, et du fait qu'il continuera à travailler pour maîtriser la logistique des décisions qui ont été annoncées tout en protégeant les éducateur·trice·s.

En ce qui concerne l'avenir, le MUT estime que pendant la pandémie et après cette période, les autorités doivent faire le point sur l’ensemble de la nouvelle situation, y compris sur les nouvelles exigences auxquelles les éducateur·trice·s doivent répondre. Les bonnes pratiques devraient être analysées, ainsi que les effets des programmes sur les prochaines années académiques, car cette situation affectera au moins deux années. Les autorités doivent également éviter les décisions basées sur des commentaires anecdotiques généralisés, et chercher, à la place, à investir dans des études scientifiques appropriées qui aideront à décider de la vie et de l'avenir éducatif de l’ensemble des élèves et des éducateur·trice·s.

Image par Gabriel LE NAOUR de Pixabay.

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Le Secrétariat du CSEE exprime sa solidarité à l’ensemble des enseignant·e·s, universitaires et autres personnels de l'éducation et à leurs syndicats de l'éducation alors qu'il·elle·s réagissent et s'attaquent à cette crise sans précédent. Et nous savons tou·te·s que le travail ne fait que commencer. Nous invitons les organisations membres du CSEE à informer le Secrétariat du CSEE de l'évolution de la situation dans leur pays et dans leur secteur alors que l'Europe envisage de rouvrir ses économies et ses secteurs de l'éducation. Tenez-nous au courant des nouvelles stratégies de sortie, de ce qu'elles signifient pour le personnel et les étudiant·e·s, de la manière dont vous vous engagez pour façonner la situation et de l'impact potentiel à long terme de la crise sur l'investissement public dans une éducation de qualité pour tou·te·s. Et dites-nous comment nous pouvons vous soutenir. Veuillez contacter le CSEE à Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser..