L’écart salarial fondé sur le genre demeure au centre des préoccupations du mouvement syndical en Islande. Le 24 octobre 2016, plusieurs milliers de femmes ont quitté leur travail à 14h38 et se sont rendues au square Austurvöllur pour protester contre les écarts salariaux. C’est la quatrième fois depuis 1975 que les femmes organisent un mouvement de protestation ce jour-là.

Le syndicat de l’enseignement islandais affilié au CSEE, Kennarasamband Islands (KI), en collaboration avec le mouvement pour les droits de la femme et d’autres syndicats, a encouragé les femmes à quitter leur poste de travail à 14h38, heure à partir de laquelle, en raison de l’écart salarial observé dans le pays, les femmes ne sont plus payées, si l’on compare les salaires qu’elles perçoivent par rapport aux hommes pour une journée de travail quotidien s’étendant de 9h00 à 17h00. En Islande, les femmes ne perçoivent que 70,3 % du salaire moyen de leurs homologues masculins, autrement dit 29,7 % de moins que ces derniers.

Le même jour, le KI a participé à une conférence avec les partenaires sociaux islandais, centrée précisément sur l’écart salarial déterminé en fonction du genre. Au cours de cette conférence ont été présentées les Normes pour l’équité salariale, ainsi que les politiques futures du gouvernement islandais et celles des partenaires sociaux dans ce domaine. Les Normes pour l’équité salariale consistent en un ensemble de valeurs de référence adressées aux employeurs, ayant pour but de les aider à instaurer l’équité salariale au sein de leurs entreprises. Le KI estime que cet outil s’avérera utile pour mettre un terme à l’écart salarial fondé sur le genre. Les partenaires sociaux ont décidé que l’abolition de l’écart salarial fondé sur le genre devait entrer en vigueur immédiatement. Toutefois, les progrès ne sont que trop lents.

Le syndicat de l’enseignement a également mis l’accent sur l’écart salarial observé au sein des professions traditionnelles, où le salaire des femmes reste inférieur à celui des hommes. Les femmes représentant environ 80 % de la communauté enseignante, elles forment la majorité des membres du KI. Par ailleurs, les efforts déployés pour aligner les salaires de la profession sur ceux des autres professions de niveau universitaire sont également trop lents. Raison pour laquelle la lutte pour l’équité salariale doit continuer.