Le 16 novembre 2017, le Sommet social de l'UE à Göteborg, en Suède, devrait adopter le Socle européen des droits sociaux. Tout en adhérant à l'appel du mouvement syndical européen pour l'adoption d'un Socle des droits sociaux renforcé, pour un engagement à le mettre en œuvre et pour la pleine implication des partenaires sociaux, le CSEE soutient fermement la demande d'un Protocole de progrès social pour restaurer l'Europe sociale et augmenter le caractère contraignant du Socle. Cela est essentiel pour garantir à l’avenir le respect des droits sociaux par toutes les institutions de l'UE et par tous les pays européens.

Depuis la crise économique et financière de 2008, la doctrine de l’austérité et l'obsession du déficit ont souvent servi à justifier des réformes structurelles, des ajustements unilatéraux, notamment dans le secteur public, et plusieurs réformes du marché du travail conduisant à une baisse générale des droits des travailleurs en Europe et à des emplois de mauvaise qualité. Le mécanisme de coordination de la gouvernance économique (Semestre européen) a pris en considération la dimension économique et fiscale, sans tenir compte de son impact dans le domaine social. Malgré l'appel récent à rééquilibrer les priorités économiques et sociales, les règles du marché intérieur et les règles budgétaires continueront à prendre le pas sur les droits sociaux vulnérables si ces frictions ne sont pas résolues.

Une modification du Traité pour s'assurer que les droits sociaux ne sont pas subordonnés à des règles économiques et limités par celles-ci est une nécessité.

« Le CSEE soutient pleinement la proposition de la Confédération européenne des syndicats pour un Protocole de progrès social qui place les droits sociaux sur le même plan que les objectifs économiques et budgétaires à travers l'Europe", a déclaré Susan Flocken, Directrice européenne du CSEE. Nous avons besoin d’un Protocole de progrès social pour rééquilibrer la fondation européenne : pour passer de gentilles paroles à de vrais changements pour les travailleurs européens, y compris dans tous les secteurs de l'éducation ».

Les objectifs éducatifs, ainsi que les considérations sociales et d'emploi, ont été une priorité lors des derniers cycles du Semestre européen. Cependant, le CSEE a averti que la dominance des questions économiques éclipsait parfois les grands objectifs de la politique éducative, primordiaux pour la vie et la société tout comme pour l'économie et reléguait la politique éducative au rang d'outil d’une politique économique axée sur l'offre.

« Un Protocole de progrès social et une réforme du Semestre européen sont essentiels pour parvenir à un équilibre entre les préoccupations économiques et sociales, pour soutenir l'appel du CSEE en faveur de l'investissement public dans l'éducation et pour aider le mouvement syndical dans sa lutte pour mettre fin aux politiques de réforme du travail qui adaptent ou diminuent les droits des travailleurs », a conclu Susan Flocken.