Les 27 et 28 mars 2018, le syndicat bulgare de l’enseignement, le ministère bulgare de l’Education et des Sciences et le CSEE ont organisé conjointement à Sofia une conférence internationale de haut niveau, intitulée « Soutenir les jeunes enseignant(e)s pour garantir la qualité de l’enseignement - attirer, recruter et assurer la formation des enseignant(e)s en début de carrière », et se donnant pour mission d’apporter des solutions permettant de soutenir les jeunes enseignant(e)s.

Yanka Takeva, Présidente du syndicat bulgare de l’enseignement a souhaité la bienvenue aux participant(e)s bulgares et internationaux/ales, en soulignant que les enseignant(e)s doivent être parfaitement préparé(e)s et que la profession doit être attrayante afin d’encourager les étudiant(e)s à entamer une carrière dans l’enseignement. Dimitar Manolov, President du PODKREPA CL, a ajouté que l’enseignement n’est pas une profession à la portée de tout le monde dans la mesure où être un(e) bon(ne) enseignant(e)s est une question de personnalité et de cœur et ne dépend pas uniquement des qualifications.

Krashimir Valchev, Ministre bulgare de l’Education et des Sciences a souligné que la société a besoin d’enseignant(e)s de qualité, raison pour laquelle il est impératif d’investir dans les enseignant(e)s actuel(le)s et futur(e)s.

Christine Blower, Présidente du CSEE, a souligné que l’éducation est un droit humain et civil, de même qu’un bien public, et que garantir des conditions salariales et professionnelles décentes aux enseignant(e)s est une condition préalable indispensable si l’on souhaite offrir des environnements d’apprentissage optimaux aux étudiant(e)s.

Les participant(e)s ont reconnu que le recrutement et la rétention des nouvelles recrues dans la profession enseignante posent les mêmes problèmes dans tous les pays d’Europe. Les mesures d’austérités appliquées au secteur de l’éducation, ainsi que le financement insuffisant, continuent à avoir une incidence sur l’enseignement et le statut des enseignant(e)s au sein de la société et, par conséquent, sur l’attrait de la profession enseignante aux yeux des jeunes enseignant(e)s. La profession est non seulement confrontée au changement démographique et au manque de reconnaissance de son statut, mais elle souffre également du manque d’attrait des salaires, de l’insuffisance des formations initiales des enseignant(e)s, de la piètre qualité des programmes de développement professionnel continu, de l’absence de sécurité d’emploi et du recours aux contrats temporaires, auxquels s’ajoutent un accroissement de la charge de travail et un volume important de tâches administratives accentuant encore les difficultés inhérentes à la profession enseignante.

Les participant(e)s ont laissé entendre que les jeunes enseignant(e)s ont besoin de soutien et qu’il convient avant tout de leur offrir des salaires adéquats et des conditions de travail décentes, tout en veillant à répartir équitablement la charge de travail. La formation initiale des enseignant(e)s doit être revue afin de pouvoir l’adapter aux exigences des étudiant(e)s et de la société, tandis que la période d’intégration doit être de haute qualité. Les enseignant(e)s doivent être soutenu(e)s au travers d’environnements de travail offrant à la fois des opportunités de développement professionnel et des perspectives de carrière. Les programmes de développement professionnel continu devraient être organisés durant les heures de travail et être gratuits pour le personnel enseignant. Par ailleurs, les enseignant(e)s devraient être encadré(e)s par des pairs et des mentors, et disposer de réseaux de collègues, sur lesquel(le)s ils/elles peuvent compter en cas de besoin.

« Si l’on souhaite assurer une gouvernance efficace et équitable pour soutenir les jeunes enseignant(e)s, il est nécessaire de mener un dialogue social cohérent », a déclaré Susan Flocken, Directrice européenne du CSEE : « Les jeunes enseignant(e)s ont un rôle à jouer au sein des syndicats de l’enseignement, lesquels continuent à lutter pour offrir de meilleures conditions de travail à tou(te)s les enseignant(e)s et à proposer différents types de soutien, notamment des formations et des informations à ce sujet adressées aux enseignant(e)s en début de carrière. L’encadrement des jeunes enseignant(e)s doit être défini de façon structurée et avalisé au travers d’une convention collective. »

Organisateurs/trices et participant(e)s ont adopté les Conclusions conjointes de la Conférence lors de la séance de clôture. Le document est disponible ici.

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