Les syndicats de l'éducation devraient concevoir et suivre des politiques explicites en matière d'égalité des sexes pour la profession enseignante, ont conclu les participants au premier séminaire régional du projet du CSEE intitulé Dialogue social et égalité des sexes : donner aux syndicats d’enseignants les moyens d’aborder l’égalité des sexes dans la profession enseignante à travers le dialogue social, qui s'est déroulé à Rome les 14 et 15 janvier 2019.

L’ensemble des 45 participants, venus d'Albanie, de Chypre, de Croatie, d'Espagne, de France, de Grèce, d'Italie, de Lituanie, de Malte, de Slovénie et de Turquie, ont eu l'occasion de discuter avec des collègues syndicalistes de sujets d'actualité tels que la ségrégation horizontale et verticale dans le secteur de l'éducation, les défis en matière d’équilibre entre le travail et la vie privée, l’écart de rémunération entre hommes et femmes dans la profession enseignante et la violence sexiste sur le lieu de travail, par le biais de tables rondes, de présentations, de groupes de travail et d’exercices pratiques. Les participants ont partagé des exemples d'actions entreprises au sein de leur syndicat respectif pour remédier à ces difficultés comme, par exemple, comment créer un département chargé de l'égalité des sexes au sein des syndicats. De même, les participants ont collaboré pour proposer des mesures inspirantes telles que des plans d’action, notamment des quotas hommes-femmes pour les campagnes de recrutement des chefs d’établissement et une campagne visant à promouvoir la présence des hommes dans la profession d’enseignant.

Se basant sur l'enquête en ligne menée auprès des membres du CSEE, les chercheuses du projet, Martina Weber et Inga Pavlovaite, ont indiqué que 60% seulement des syndicats avaient un département ou des personnes s'occupant spécifiquement des questions d'égalité entre les femmes et les hommes et que 40% seulement avaient mis des politiques d'égalité des sexes en place. Anne Bergheim Nègre, vice-présidente chargée de l’égalité à la Conférence des OING du Conseil de l’Europe, a présenté le contexte européen et a donné un aperçu des mécanismes utilisés par le Conseil de l’Europe pour s'attaquer à des problèmes tels que la violence sexiste et la sous-représentation des femmes aux postes à responsabilités. Elle a également félicité le CSEE pour ses revendications politiques exemplaires dans ce domaine.

Étant donné la lieu où se déroulait cet atelier de formation, Sylvia Liuti, de FORMA.Azione, et des représentants des syndicats italiens d'enseignants UIL-SCUOLA et CISL-S, ont présenté les défis spécifiques auxquels doivent faire face les éducateurs du système éducatif italien, notamment le manque d'investissements et de ressources dans le domaine de l’égalité des chances, les stéréotypes sexistes et les violences psychologiques et physiques à l’école. En outre, il a été souligné qu'il était urgent de mettre en place des programmes de formation et des cours de culture différenciée selon le sexe pour les élèves afin de surmonter les stéréotypes en Italie.

Susan Flocken, Directrice européenne, a déclaré: «La création de départements chargés de l'égalité au sein des syndicats est un premier pas vers la promotion de l'égalité des sexes dans la profession enseignante. Pour obtenir un changement durable, les politiques en matière de genre sont contrôlées et mises en œuvre afin de faire de l'égalité des sexes une réalité! "

Les prochains séminaires régionaux auront lieu à Vilnius (25-26 février 2019) et à Munich (28-29 mars 2019). La conférence finale du projet se tiendra à Bucarest en septembre 2019.