L'importance du soutien financier public pour un enseignement supérieur inclusif

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Le réseau européen Eurydice a publié un nouveau rapport comparatif sur les frais d’inscription et les systèmes de soutien nationaux dans l’enseignement supérieur européen pour l’année académique 2020/21. L'étude contient des informations sur les frais de scolarité dans l'enseignement supérieur de 38 pays et 43 systèmes d'enseignement supérieur[1].

Le rapport décrit la variété des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur en Europe. Selon Eurydice, seuls 7 des 43 systèmes d'enseignement supérieur - au Danemark, en Grèce, à Chypre, à Malte, en Finlande, en Suède et en Turquie - ne facturent pas de frais de scolarité aux étudiant·e·s. En outre, l'Écosse et le Monténégro n'offrent un accès gratuit qu'aux étudiant·e·s poursuivant leurs études durant une certaine période. Dans 12 systèmes d’enseignement supérieur, tou·te·s les étudiant·e·s paient des frais de scolarité, tandis que dans d’autres systèmes, des exonérations de frais sont accordées en fonction de différents critères, tels que les besoins socio-économiques des étudiant·e·s ou les domaines d’études et les résultats scolaires. Dans 14 systèmes d'enseignement supérieur, les frais annuels varient entre 101 et 1.000 euros, alors qu'ils peuvent atteindre jusqu'à 3.000 euros en Irlande, en Espagne, en Italie, en Hongrie, aux Pays-Bas, en Suisse, au Liechtenstein, en Norvège et au Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord). Ces derniers pays sont ceux ayant les frais annuels moyens les plus élevés d'Europe.

Comme le souligne Eurydice, les frais d’inscription peuvent représenter un fardeau considérable pour les étudiant·e·s et peuvent entraver les acquis des étudiant·e·s, en particulier pour cellles et ceux qui sont issu·e·s d’un milieu socio-économique défavorisé. C'est pourquoi, selon le rapport, le soutien financier public des gouvernements est de la plus haute importance pour garantir un enseignement supérieur inclusif, de qualité et accessible. À cet égard, l'étude donne également un aperçu du soutien aux étudiant·e·s des gouvernements et des autorités publiques. En général, il existe deux types de soutien financier public: un soutien indirect, comme des allocations ou des incitations fiscales aux parents des étudiant·e·s , ou un soutien direct aux étudiant·e·s par le biais de bourses et de prêts. Le rapport montre que ce dernier type de soutien existe partout sauf en Islande et au Royaume-Uni (Angleterre). Le soutien financier direct peut être accordé soit sur une base universelle, soit en fonction du milieu socio-économique et des performances académiques des étudiant·e·s. Le soutien financier public est particulièrement important pour les étudiant·e·s défavorisé·e·s. Néanmoins, certains pays européens ne prévoient aucune réduction ou exemption de frais pour les étudiant·e·s en situation de précarité[2].

En réponse à ces données, le CSEE souligne que l'équité et l'inclusion sont les principes fondamentaux du processus de Bologne. Les Principes et lignes directrices pour renforcer la dimension sociale de l’enseignement supérieur, récemment adoptés lors de la réunion ministérielle de Bologne 2020, stipulent clairement que «le corps étudiant doit refléter la diversité de la composition sociale de la population nationale générale» et réaffirment «l'importance de donner la possibilité aux étudiant·e·s de terminer leurs études sans obstacles liés à leur milieu social et économique». En outre, les frais d’inscription et le manque de soutien financier public aux étudiant·e·s conduisent à une privatisation et à une commercialisation accrues de l'enseignement supérieur qui ont un impact négatif sur l'inclusion des étudiant·e·s et la qualité de l'enseignement. Par conséquent, le CSEE a demandé aux gouvernements de cesser de traiter l'éducation comme une marchandise et de garantir des investissements publics durables dans l'enseignement supérieur.

Vous pouvez lire le rapport «National Student Fees and Support Systems in European Higher Education for the Academic year 2020/21» dans son intégralité ici.  

 

[1] L'étude inclut les 27 États membres de l'UE ainsi que le Royaume-Uni, l'Albanie, la Bosnie-Herzégovine, la Suisse, l'Islande, le Liechtenstein, le Monténégro, la Macédoine du Nord, la Norvège, la Serbie et la Turquie. Les Communautés française, flamande et germanophone en Belgique ainsi que l'Angleterre, le Pays de Galles, l'Irlande du Nord et l'Écosse au Royaume-Uni étant analysés comme des systèmes distincts, le rapport couvre un total de 43 systèmes d'enseignement supérieur.

[2]  République tchèque, Allemagne, Luxembourg, Hongrie, Pays-Bas, Portugal, Slovénie, Royaume-Uni (Angleterre, Pays de Galles et Irlande du Nord), Bosnie-Herzégovine, Liechtenstein et Norvège.