Un rapport de l'OCDE révèle une privatisation croissante de l'éducation

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Nous avons consulté le rapport annuel de l'OCDE « Regards sur l'éducation » et voici notre analyse. Le rapport met en lumière les tendances de la privatisation au sein de l'éducation et les conditions de travail des enseignant·e·s à travers l'Europe. Il appelle également les gouvernements à fournir un financement public approprié pour l'éducation afin de surmonter les anciens et les nouveaux défis, en particulier au lendemain de la crise du Covid-19.

Le 16 septembre 2021, l'OCDE a publié le rapport  « Regards sur l’éducation 2021 ».Grâce à des données et des statistiques mises à jour pour chaque niveau d'enseignement, la publication de cette année se concentre sur les facteurs qui contribuent à une éducation de qualité et accessible, en particulier dans le contexte de la pandémie de Covid-19. Le rapport met en outre en exergue les thèmes de l’investissement public et de la privatisation dans l'éducation.

Selon le rapport, les pays de l'OCDE investissent en moyenne environ 11 % de leur budget public global dans le secteur de l'éducation, aucun pays de l'OCDE n'investissant moins de 7 %. Cependant, bien que les sources publiques représentent 90 % du financement de l'éducation dans les pays de l'OCDE, le financement privé augmente régulièrement dans des pays comme l'Irlande, la Lituanie et la Russie. Cela est dû aux réformes nationales qui ont conduit à une privatisation accrue, un nombre croissant d'établissements d'enseignement étant financés par le secteur privé.

Alors que des augmentations modérées persistent selon les pays et les niveaux d'éducation, le financement privé est particulièrement visible dans l'enseignement supérieur et l'éducation de la petite enfance. Cependant, la répartition entre le financement privé et public de l'éducation varie fortement d'un pays à l'autre. Par exemple, en Finlande, en Islande, au Luxembourg, en Norvège et en Suède, les fonds privés représentent 5 % ou moins de l'investissement total dans les établissements d'enseignement. En revanche, ils représentent près d'un tiers des investissements dans l'éducation au Royaume-Uni, en Espagne et aux Pays-Bas. Soulignant les effets néfastes de la privatisation pour l'égalité et l'inclusion, le CSEE estime qu'une éducation de qualité doit être gratuite et accessible à toutes et à tous.

De plus, le rapport de l'OCDE aborde les tendances et les défis rencontrés pendant la pandémie de Covid-19. Selon l'OCDE, la crise économique due à la pandémie est susceptible de réduire les investissements publics dans l'éducation. Cela aura un impact négatif sur la qualité globale de l'éducation et affectera particulièrement les groupes issus de milieux défavorisés et renforcera les inégalités dans l'éducation. En outre, alors que de nombreux pays ont régulièrement augmenté le taux de participation à l'éducation au cours des 15 dernières années, les fermetures d'écoles pendant la pandémie de Covid-19 ont inversé cette progression pour la première fois.

Alors que l'OCDE mentionne que de nombreux pays, tels que l'Allemagne, la Norvège et les Pays-Bas, ont fourni des mesures de soutien financier immédiat à l'éducation, elle reconnaît que « l'impact à long terme sur le financement de l'éducation est encore incertain ». À cet égard, le CSEE remarque que le rapport de l'OCDE se réfère majoritairement à des données sur l'économie générale et le secteur de la santé, alors qu'il ne propose que des statistiques mineures sur l'impact du Covid-19 sur le secteur de l'éducation. Par conséquent, le CSEE souligne qu'il sera de la plus haute importance de collecter d'autres données fiables pour évaluer efficacement l'impact de la pandémie sur le secteur de l'éducation.

Pour en savoir plus:

Pour lire le rapport original : Regards sur l’éducation 2021

Pour lire l’article relatif à l’édition précédente des « Regards sur l’éducation » :  Nouvelles données sur les salaires et les conditions de travail des enseignant·e·s dans le nouveau rapport de l’OCDE « Regards sur l’éducation »