Nouvelles recommandations de l'UE pour améliorer l'évaluation de la recherche

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Le projet de conclusions du Conseil sur l’Evaluation de la recherche et la mise en œuvre de politiques de science ouverte, et les Principes et valeurs de la coopération internationale dans la recherche et l’innovation, est actuellement élaboré par le Groupe de travail sur la recherche du Conseil de l'Union européenne. Ces documents soutiennent le Pacte pour la recherche et l’innovation en Europe, et visent à transformer le secteur de la recherche en réformant la manière dont la recherche est évaluée, en créant un accès ouvert à la recherche financée par des fonds publics et en renforçant la coopération internationale en matière de recherche et d'innovation. Il est probable que ces conclusions du Conseil seront adoptées par les ministres responsables de la recherche au niveau national lors de leur réunion au sein du Conseil « Compétitivité » les 9 et 10 juin 2022.

Le document sur l'évaluation de la recherche et la mise en œuvre de politiques de science ouverte reconnaît la nécessité d'une approche renouvelée de l'évaluation de la recherche. La conclusion du Conseil encourage la création d'une approche plus équilibrée entre l'évaluation quantitative et qualitative de la recherche. Cela devrait réduire l'accent mis sur les indicateurs quantitatifs tels que le nombre de publications et l'indice H, et devrait plutôt inclure l'évaluation des chercheur·euse·s individuel·le·s, des équipes et des organisations de recherche, des infrastructures de recherche, ainsi que des résultats et des projets de recherche. Le document promeut également une approche plus holistique de l'évaluation de la recherche en suggérant un cheminement de carrière plus diversifié pour les chercheur·euse·s, qui devrait prendre en compte toutes les activités de recherche et d'innovation supplémentaires telles que l'enseignement, les rôles de leadership, l'entrepreneuriat, la gestion des données et le soutien à l'élaboration de politiques éclairées.

En raison de l'impact direct sur les chercheur·euse·s, le CSEE apprécie que le Conseil encourage l'inclusion des chercheur·euse·s et des parties prenantes concernées dans la création d'une large coalition pour développer et mettre en œuvre des changements. En outre, il encourage les États membres à promouvoir la réforme du système d'évaluation de la recherche aux niveaux national et régional en étroite collaboration avec les chercheur·euse·s et dans le respect de l'autonomie des organismes de recherche. La Conclusion suggère que les Alliances d’universités européennes pourraient être utilisées pour tester la transformation des systèmes d'évaluation de la recherche, qui entretient l'idée de l'agenda européen de coopération transnationale dans le secteur. Le document invite la Commission européenne à travailler sur un cadre réglementaire permettant un accès et une utilisation sans restriction des résultats, des publications et des données à des fins de recherche de la recherche financée par des fonds publics. Celle-ci devrait tenir compte du fait que les auteur·e·s des publications ou leurs institutions doivent conserver des droits de propriété intellectuelle suffisants pour garantir un libre accès à la recherche.

De plus, cette idée de favoriser le libre accès à la recherche est soutenue par le Conseil sur base des Principes et valeurs de la coopération internationale dans le secteur de la recherche et de l’innovation. Ce document invite les principaux partenaires internationaux de l'Union européenne à engager un dialogue multilatéral sur les principes et les valeurs de la coopération internationale en matière de recherche et d'innovation. Cela devrait contribuer à un cadre commun pour une coopération internationale équilibrée et mutuellement bénéfique afin d'établir une base commune pour le respect des principes et des valeurs. Ce cadre sera utilisé pour encourager l'inclusion en luttant contre la discrimination fondée sur le sexe, la race, la religion, le handicap, l'âge ou l'orientation sexuelle. Le CSEE se félicite que la conclusion vise à protéger davantage les chercheur·euse·s en appelant la Commission européenne et les États membres à favoriser et à promouvoir l'amélioration de la protection universelle et de l'application des droits de propriété intellectuelle et industrielle, ainsi qu'à assurer la protection de la vie privée et des données personnelles.