L’atelier du CSEE à Dublin renforce l’action syndicale sur l’IA et la négociation collective dans l’éducation
Le 12 mai 2026, le CSEEa réuni à Dublin des syndicats de l’éducation de toute l’Europe pour un atelier sur la négociation collective sur les questions liées à l’intelligence artificielle dans le domaine de l’éducation. La réunion, organisée dans le cadre du projet Équilibrer l’IA dans l'Edu, cofinancée par l’Union européenne, se concentrait sur la manière dont les syndicats peuvent renforcer leur pouvoir, leur expertise et leur coordination pour façonner les droits liés à l’IA dans l’éducation et garantir que les enseignants gardent le contrôle de leur travail.

En ouvrant l’atelier, le président du CSEE, John MacGabhann, a souligné que l’IA doit servir l’éducation et ne pas saper les valeurs démocratiques, l’autonomie professionnelle ou les systèmes éducatifs nationaux. Les dirigeants syndicaux irlandais ont souligné l’importance des approches dirigées par les enseignants et l’utilisation des discussions existantes sur les politiques et les programmes comme points d’entrée pour aborder l’IA par le dialogue social.
Martina Di Ridolfo, coordinatrice politique au CSEE, a présenté un aperçu des développements actuels, soulignant que les systèmes d’IA sont déjà utilisés dans des domaines à haut risque tels que la notation, l’évaluation et la gestion de l’apprentissage, souvent sans un dialogue social suffisant. Les participants ont évoqué les préoccupations concernant la protection des données, la charge de travail, les choix d’investissement public et l’impact des initiatives de déréglementation telles que le Digital Omnibus.

Stratégies syndicales et expériences nationales
Un panel central a mis en avant des expériences concrètes de syndicats à travers l’Europe. En France, SNES-FSU a présenté comment le syndicat applique un principe de précaution à l’IA dans l’éducation et développe ses propres positions, formation et capacités internes avant de s’engager dans les initiatives gouvernementales. En Islande, le syndicat des enseignants islandais a donné quelques mises à jour sur le Projet pilote islandais d’IA et une politique syndicale globale couvrant l’autonomie professionnelle, la charge de travail, la formation, la langue et la culture, la consultation, ainsi que l’équité et l’inclusion. L’exemple islandais illustrait comment les enseignants peuvent diriger la mise en œuvre de l’IA lorsqu’ils sont soutenus par le dialogue social, le temps rémunéré et la collaboration structurée.
L’Institut éducatif d’Écosse a partagé comment la coopération internationale lors du Sommet international sur la profession d’enseignant a conduit à la négociation de Garde-fous nationaux et directives sur l’utilisation de l’IA dans l’éducation. Celles-ci protègent le jugement professionnel des enseignants, fixent des limites claires à l’utilisation des données et placent le bien-être des élèves au centre. L’affaire écossaise a également mis en lumière l’importance des alliances avec les parents et la société au sens large pour contrer les récits présentant l’IA comme une solution simple aux défis complexes de l’éducation.
Depuis la Suède, l’accent était mis sur l’IA en tant qu’environnement de travail et sur la question du changement organisationnel. Le syndicat suédois des enseignants a mis l’accent sur l’engagement précoce des syndicats, le dialogue social et la nécessité de traiter les risques liés à la gestion algorithmique, à la charge de travail et à la santé, en particulier dans les systèmes éducatifs décentralisés.
S’appuyant sur la présentation des résultats de l’enquête sur l’IA par des experts externes, les participants ont travaillé en groupe pour réfléchir aux résultats de l’enquête et discuter de la manière dont la négociation collective et l’action syndicale interagissent actuellement avec les défis liés à l’IA dans l’éducation.

Renforcer le pouvoir syndical sur l’IA
La dernière partie de l’atelier s’est concentrée sur la manière dont les syndicats peuvent s’organiser stratégiquement autour de l’IA, en s’appuyant sur le cadre Your Turn 2.

Les discussions de groupe ont examiné la présence de questions liées à l’IA dans les conventions collectives existantes, les différences entre pays et régions, ainsi que la mesure dans laquelle le travail syndical correspond aux principales demandes des éducateurs. Les participants ont également exploré les difficultés à aborder l’IA par la négociation collective dans des systèmes décentralisés et dans des contextes où le dialogue social reste faible.
Cette partie de l’atelier visait à soutenir les syndicats dans l’identification des lacunes, des priorités et des questions stratégiques pour les actions futures, et à renforcer le rôle de l’organisation collective dans la définition de l’impact de l’IA sur le travail et l’autonomie professionnelle des enseignants.
À l’avenir, les syndicats de l’éducation se concentreront sur la co-conception d’un guide stratégique européen sur le plaidoyer syndical et la négociation collective sur l’IA, ainsi que sur une cartographie en ligne présentant la négociation collective syndicale et l’action de plaidoyer contre l’IA. Ces résultats, ainsi que le rapport de recherche du CSEE sur l’IA et l’éducation, seront présentés lors de la conférence finale du projet qui se tiendra les 25 et 26 novembre à Lisbonne.
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