Projet sur l'attractivité de la profession enseignante : 1er séminaire à Bucarest

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Le CSEE et la FEEE ont organisé les 30 et 31 mai 2022 à Bucarest, en Roumanie, le premier séminaire sous-régional de renforcement des capacités en matière de dialogue social consacré à leur projet conjoint des partenaires sociaux « Vers un cadre d'action sur l'attractivité de la profession enseignante grâce à un dialogue social efficace dans l'éducation ». Accueilli par le syndicat roumain FSLI (Fédération des syndicats libres de l'éducation), le séminaire visait spécifiquement à partager les recherches actuelles à la lumière des défis actuels et futurs pour le système éducatif européen, tout en alimentant les travaux du Comité de dialogue social sectoriel européen.

En 2018, le CSEE et la FEEE ont adopté une Déclaration conjointe sur l'importance et la valeur de la profession enseignante, au sein d'institutions éducatives de qualité inclusives, centrées sur l'apprenant·e et durables. Ce séminaire a fait le point sur cette déclaration et a encore renforcé la contribution des partenaires sociaux de l'éducation à tous les niveaux pour une profession enseignante attractive, en promouvant et améliorant les structures et les capacités du dialogue social pour relever les défis de l'avenir de l'éducation.

Les participant·e·s, venu·e·s de 15 pays européens, ont été accueilli·e·s par des représentant·e·s du Ministère roumain de l'Éducation, de la Présidence roumaine, du FSLI et d'Eduform Romania. Howard Stevenson, professeur de leadership éducatif et d'études politiques à l'Université de Nottingham (Royaume-Uni), a rappelé comment la faible attractivité de la profession enseignante peut s'expliquer par des facteurs démographiques, les engagements d'investissement public et les priorités des politiques nationales d'éducation. Plus particulièrement, il a souligné le rôle joué par le manque de financement et le fardeau administratif que les enseignant·e·s doivent supporter comme principales raisons de refuser ou d'abandonner un poste. Il a cependant cité le leadership scolaire et un enseignement de haute qualité comme des raisons motivant les enseignant·e·s à poursuivre leur carrière.

Anca Nedelcu (PhD, Université de Bucarest), ainsi que des intervenant·e·s d'organisations patronales et syndicales ont échangé des outils pour accroître la motivation des enseignant·e·s et l'attractivité de la profession. Parmi ceux-ci, l'amélioration des conditions de travail, l'augmentation des salaires et de l'accès aux formations, et les programmes de mentorat étaient de la plus haute importance : une table ronde avec des chef·fe·s d'établissement, des syndicats et des représentant·e·s des étudiant·e·s a ensuite discuté des caractéristiques du « profil des futurs enseignant·e·s » et a souligné plusieurs défis persistants au sein de la profession, tels que l'importance de maintenir un environnement durable tant pour les étudiant·e·s  que pour le personnel enseignant.

Les sous-groupes de travail présidés par Daniel Wisniewski (Secrétaire général, FEEE) ont souligné le manque de temps de travail pour dispenser une éducation de qualité en raison de la charge administrative et des mauvaises conditions de travail. Les participant·e·s se sont concentré·e·s sur les caractéristiques professionnelles spécifiques des enseignant·e·s et sur la nécessité de renforcer les compétences pédagogiques, la culture numérique et l'investissement public pour le développement professionnel. Les risques psychosociaux et le stress vécus par les enseignant·e·s ont également été abordés. Le CSEE et la FEEE ont insisté sur la nécessité d'assurer un dialogue social efficace aux niveaux national et européen pour parvenir à de meilleures conditions de travail.

Ce débat s'est poursuivi le deuxième jour, les participant·e·s se concentrant sur les ressources d'apprentissage et les stratégies pour innover face aux défis futurs. Parmi les sujets débattus, la gestion du stress, le soutien psychologique et l'initiation aux outils numériques ont été mentionnés comme des stratégies utiles pour les enseignant·e·s et les employé·e·s de l'éducation pour favoriser des méthodes d'enseignement innovantes et inclusives. Le dernier panel a relayé l'attractivité de la profession à travers le rôle des chef·fe·s d'établissement et le travail des enseignant·e·s pour l'intégration des migrant·e·s dans l'UE. Luminata Costache (UNICEF, RO) a rappelé que les écoles étaient parmi les premiers points d'entrée des migrant·e·s dans une nouvelle société, ce qui obligeait les enseignant·e·s à adapter leurs méthodes d'enseignement. Elle a notamment mentionné les « Blue Dots Hubs » de l'UNICEF, qui garantissent l'accès à un paquet minimum de services pour les enfants issus de l'immigration.


Suzan Flocken (Directrice européenne, CSEE) a clôturé le séminaire et a souligné l'importance de renforcer le dialogue social dans l'éducation pour produire un cadre d'action conjoint CSEE-FEEE au niveau européen.

 Le prochain séminaire sous-régional de ce projet aura lieu à Riga les 14 et 15 septembre 2022. Pour en savoir plus sur le projet, veuillez cliquer ici.