Les syndicats de l’enseignement devraient sensibiliser aux interconnexions qui existent entre les dispositions régissant l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et les écarts de salaire et de pension entre les hommes et les femmes, et promouvoir des horaires de travail de référence adaptés aux besoins des enseignant(e)s, aux différents stades de leur vie. Telle est la conclusion à laquelle ont abouti les participant(e)s au séminaire régional de clôture du projet du CSEE « Dialogue social et égalité des genres : donner aux syndicats de l’enseignement les moyens d’aborder l’égalité des sexes dans la profession enseignante à travers le dialogue social », organisé à Munich, les 28 et 29 mars 2019.

Plus de 25 participant(e)s, représentant l’Allemagne, l’Autriche, Chypre, le Danemark, l’Espagne, la Finlande, la Grèce, l’Irlande, les Pays-Bas et le Royaume-Uni, ont eu l’occasion d’échanger leurs points de vue avec leurs collègues concernant des questions en lien avec l’égalité des genres, telles que la ségrégation verticale et horizontale au sein du secteur de l’éducation, les défis liés à l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et les écarts de salaire et de pension entre les hommes et les femmes au sein de la profession enseignante, au travers d’une série de débats, présentations, groupes de travail et exercices pratiques. Les participant(e)s ont présenté des exemples d’initiatives prises par leurs syndicats respectifs pour aborder la question de l’inégalité entre les hommes et les femmes, notamment la création d’un département dédié à l’égalité des genres, le recrutement de personnel chargé de définir des politiques dans ce domaine, l’introduction de quotas garantissant une plus grande représentation des femmes aux postes décisionnels et l’organisation d’un forum syndical des femmes pour promouvoir leur participation aux syndicats. Les participant(e)s ont également collaboré pour proposer des plans d’action comportant des dispositions encourageantes, telles que l’organisation de programmes de formation aux fonctions de direction ignorant les aspects sexospécifiques, l’organisation de campagnes de sensibilisation mettant en exergue les répercussions négatives des stéréotypes de genre sur les étudiant(e)s et les enseignant(e)s en termes de perspectives de carrière et de responsabilités domestiques et familiales, et l’introduction d’horaires de travail de référence adaptés aux besoins des enseignant(e)s, aux différents stades de leur vie.

S’appuyant sur l’enquête en ligne du projet menée auprès des organisations membres du CSEE, la chercheuse du projet Inga Pavlovaite a signalé que seuls 60 % des syndicats disposaient d’un département ou de personnel spécialement dédié aux questions liées à l’égalité des genres et que seuls 40 % d’entre eux avaient déclaré avoir mis en place des politiques internes pour l’égalité des genres. Héctor Cebolla Boado, spécialiste de la recherche au sein du réseau Population Europe de l’Institut Planck pour la recherche démographique, a discuté de la féminisation de la profession enseignante et expliqué que la gouvernance économique avait une incidence considérable sur l’égalité des genres dans le secteur de l’éducation, alors qu’aucune différence n’a pu être observée en ce qui concerne l’auto-efficacité entre les hommes et les femmes.

Hildegund Rüger, Présidente du Conseil des femmes de la Bavière, ainsi que les représentant(e)s des syndicats de l’enseignement GEW et VBE, ont passé en revue les problématiques spécifiques rencontrées par les éducateurs/trices au sein du système d’éducation allemand, notamment la difficulté à rompre avec la répartition traditionnelle des rôles entre les hommes et les femmes, le pourcentage élevé de femmes enseignantes travaillant à temps partiel, l’insuffisance des services de garde d’enfants mis en place par l’Etat et la sous-estimation de l’enseignement primaire et préprimaire.

Pour clôturer l’atelier, Trudy Kerperien, Vice-présidente du CSEE a déclaré : « Si nous voulons changer les mentalités, la société doit revoir les caractéristiques permettant de garantir l’efficacité d’un(e) dirigeant(e) et renoncer à faire valoir des critères typiquement masculins. Permettre aux dirigeant(e)s de partager leur travail contribuerait également à améliorer l’équilibre entre vie privée et vie professionnelle et encouragerait davantage de femmes à briguer des postes à responsabilités. »

Afin de conclure ce projet de deux ans, une conférence de clôture sera organisée à Bucarest les 16 et 17 septembre 2019, au cours de laquelle aura lieu le lancement d’une base de données en ligne reprenant les bonnes pratiques, ainsi que l’examen du Plan du CSEE pour l’égalité des genres.