Le ZNP pousse avec succès à inclure les enseignant·e·s dans le groupe prioritaire pour la vaccination en Pologne

Informations actuelles: 25 mars 2021

L’épidémie de COVID-19 est une crise de santé publique totalement différente de tout ce à quoi l’Europe a été confrontée depuis de nombreuses années. Alors que le personnel éducatif et ses syndicats sont aux prises avec l'épidémie, nous soutenons et informons les organisations membres dans toute la mesure possible.

À la suite d'une longue lutte du syndicat polonais de l'enseignement ZNP pour inclure les enseignant·e·s dans le groupe prioritaire pour la vaccination contre le virus du COVID-19, début février, le gouvernement polonais a annoncé que la vaccination des enseignant·e·s en Pologne devrait être achevée d'ici la fin mars 2021. À l'heure actuelle, 545 000 enseignant·e·s se sont déjà porté·e·s candidat·e·s pour suivre cette procédure.

Suite à l'intervention du ZNP, les enseignant·e·s actuellement en vacances ou en arrêt maladie en raison d'autres maladies chroniques, ainsi que les employé·e·s de l'administration et des services, pourraient également faire une demande de vaccination. Malheureusement, dans le cas de ce dernier groupe, les vaccinations ont été suspendues, mais le ministère de la Santé assure que le personnel administratif et technique fait toujours partie du groupe prioritaire. C'est extrêmement important car depuis la fin du mois de janvier 2021, des jardins d'enfants et des écoles spéciales ont été ouverts en Pologne, et des élèves des classes de 1ère, 2ème et 3ème sont retournés à l'école. Dans les établissements d'enseignement ouverts, l'apprentissage se déroule dans le cadre de restrictions sanitaires appropriées.

La vaccination des enseignant·e·s en Pologne est un énorme succès pour le ZNP et le secteur de l'éducation, obtenu malgré l'absence de dialogue social au niveau central. Depuis le premier confinement des écoles en mars 2020, le ZNP a déployé d'énormes efforts pour protéger la santé, la sécurité et les conditions de travail des enseignant·e·s. Le ZNP a envoyé 34 lettres demandant une intervention, en ne comptant que celles envoyées aux autorités centrales: le Premier ministre, les ministres de la Santé, de l'Education, de la Numérisation et de l'Inspection nationale du travail. La campagne d'information du ZNP dans les médias sociaux a été mise à jour toutes les 3 heures, 200 informations sur le Covid-19 ont été publiées dans l'application du ZNP, et plus de 100 articles, y compris des entretiens avec des épidémiologistes, des médecins et des psychologues, ont été publiés par l'hebdomadaire du ZNP «La Voix des Enseignant·e·s». Ces informations ont été illustrées par des affiches et des graphiques et accompagnées de conférences de presse tenues en moyenne une fois par semaine.

Grâce à ces activités et à la sensibilisation au niveau local, le ZNP a pu mener deux campagnes de dépistage gratuit pour les enseignant·e·s des écoles maternelles et élémentaires qui étaient sur le point d'ouvrir. Les gouvernements locaux qui gèrent ces écoles ont tenté d'équiper les établissements d'enseignement (dans les limites de leur budget) en équipements numériques pouvant être utilisés ou empruntés pour l'enseignement à distance.

Le ZNP a également réussi à obtenir une allocation unique pour les enseignant·e·s d'un montant de 120 euros pour l'achat de l'équipement nécessaire à la conduite de cours en ligne, ce qui, compte tenu des bas salaires des enseignant·e·s polonais·e·s, n'était pas une aide optimale mais doit néanmoins être noté. Il a également été possible d'arrêter les tentatives de baisse de la rémunération des enseignant·e·s travaillant à distance grâce à l'avis juridique du ZNP, qui a fait valoir que les organes scolaires ne sont pas autorisés à modifier librement les heures de travail des enseignant·e·s pour réduire leur rémunération. À la suite des interventions judiciaires du ZNP, le ministère de l'Éducation a confirmé que les enseignant·e·s ont droit à une rémunération pour les heures supplémentaires et à une indemnité fonctionnelle pour la période de travail à distance, par exemple en tant que titulaires de classe, et à un bonus pour le bon travail effectué.

En outre, à la suite de l’intervention du ZNP, le Parlement a supprimé du projet d’une autre réglementation anti-crise (la «réglementation du bouclier») la disposition privant les enseignant·e·s  d’une partie des vacances de cette année. Cette liste de contrôle met en évidence de nombreux risques de déréglementation salariale associés à la pandémie et à l'enseignement à distance.

Malheureusement, il ne s’agit là que d’une petite partie des problèmes qui se posent au secteur de l’éducation en raison du plan du gouvernement polonais pour faire face à la pandémie du COVID-19 et aux crises causées par la pandémie. Le ZNP observe des signes clairs montrant qu’il incombera aux enseignant·e·s de porter le fardeau des problèmes qui suivront la pandémie, en particulier en ce qui concerne le bien-être et la réussite scolaire des étudiant·e·s, qui reviennent après des mois d'isolement, souvent compliqués et associés à un manque d'accès à l’éducation.