Étude française sur l'impact psychosocial du Covid-19 sur les chercheur·euse·s

9 novembre 2021

L’épidémie de COVID-19 est une crise de santé publique totalement différente de tout ce à quoi l’Europe a été confrontée depuis de nombreuses années. Alors que le personnel éducatif et ses syndicats sont aux prises avec l'épidémie, nous soutenons et informons les organisations membres dans toute la mesure possible.

Le Centre national de la recherche scientifique (CNRS)[1] a mené une étude approfondie sur le risque psychosocial pour les chercheur·euse·s en France, apportant des informations importantes sur l'impact de la pandémie de Covid-19 sur la santé mentale et le bien-être des chercheur·euse·s.

Les résultats de l'étude, menée auprès de 381 chercheur·euse·s de différents secteurs, révèlent que la pandémie de Covid-19 a durement affecté la santé mentale et le bien-être des chercheur·euse·s.

En général, le travail à domicile pendant la pandémie a agi comme un amplificateur de difficultés préexistantes telles que la charge de travail mentale, un rythme de travail intense et un temps de travail prolongé, ainsi qu'un déséquilibre aigu entre la vie privée et la vie professionnelle. Cependant, l'impact de la pandémie sur les risques psychosociaux varie car les chercheur·euse·s ont connu des rythmes de vie inégaux et des conditions de travail différentes dans le travail à domicile.

Alors que certains chercheur·euse·s pouvaient se concentrer correctement à la maison et parvenaient à consacrer plus de temps que d'habitude à la lecture, à la réflexion et à la production d'articles, d'autres chercheur·euse·s avaient de sérieuses difficultés à se concentrer et à trouver un équilibre vie privée-vie professionnelle durable. C'est, par exemple, le cas des chercheur·euse·s avec des enfants ou de ceux·celles confronté·e·s à des espaces de travail à domicile inadéquats. Par conséquent, les chercheur·euse·s confronté·e·s à des conditions de travail à domicile défavorables ont déclaré se sentir coupables de leur manque d’efficacité pendant la crise du Covid-19.

Les risques psychosociaux des chercheur·euse·s variaient également selon les différents domaines de recherche. Alors que certains domaines de recherche sont bien adaptés à la recherche à domicile grâce à des outils et des techniques informatiques, d'autres secteurs tels que la biologie, l'écologie ou les sciences humaines s'appuient largement sur la recherche sur le terrain et les données primaires, et ont donc dû faire face à des retards inattendus et à des pertes financières.

Comme il ressort du rapport, les chercheur·euse·s en doctorat ont été l'une des catégories les plus touchées pendant la pandémie, confronté·e·s à un isolement profond et à un stress psychologique.

En outre, l'impact de la crise sanitaire et le manque de communication orale et directe qui en a résulté ont également conduit à une réduction de la coopération et des relations de travail et, dans certains cas, à l'exacerbation de tensions préexistantes entre collègues. Dans d'autres cas, le manque d'interaction a créé un mécontentement face aux mesures d'urgence prises par les gestionnaires pour faire face à la pandémie, ce qui a provoqué de la frustration et un sentiment d'inégalité au sein des équipes de recherche.

Les mécanismes de solidarité et de soutien ont également été affectés par la réduction des interactions informelles. Dans ce contexte d'urgence, les chercheur·euse·s ont estimé qu'il·elle·s devaient accomplir des rôles et des tâches au-delà de leurs fonctions et compétences, sans aucun soutien de leurs employeurs. De nombreux chercheur·euse·s ont également regretté le manque d'aide du CNRS, notamment le manque d'outils d'accompagnement et d'accompagnement psychologique et social.

Le CSEE soutient ses organisations membres pour lutter contre l'impact de la pandémie de Covid-19 sur tous les secteurs de l'éducation, avec une attention particulière à l'impact de la pandémie des risques psychosociaux des enseignant·e·s, des universitaires, des chercheur·euse·s et des autres personnels de l'éducation.

 

[1] Le CNRS est un organisme public de recherche interdisciplinaire placé sous la tutelle administrative du ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche.