Le rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2021 apporte un éclairage sur le bien-être durant la pandémie de COVID-19

25 janvier 2022

L’épidémie de COVID-19 est une crise de santé publique totalement différente de tout ce à quoi l’Europe a été confrontée depuis de nombreuses années. Alors que le personnel éducatif et ses syndicats sont aux prises avec l'épidémie, nous soutenons et informons les organisations membres dans toute la mesure possible.

À la fin de l'année dernière, la Commission européenne a lancé le «Rapport de suivi de l’éducation et de la formation » annuel lors du  Sommet européen de l’éducation 2021. Le Rapport 2021 se concentre sur le bien-être dans l'éducation en se concentrant sur les risques psychosociaux, les défis de l'intimidation et de la cyber-violence/du harcèlement rencontrés lors de la pandémie de COVID-19. Ainsi, le rapport révèle des tendances alarmantes de détérioration mentale chez les étudiant·e·s, mais ne tient pas correctement compte du bien-être des enseignant·e·s.

Même si le bien-être est un concept multidimensionnel qui peut être analysé de plusieurs façons, comme le souligne le rapport, les environnements éducatifs se sont généralement avérés avoir un impact important sur la qualité de la santé mentale des enseignant·e·s et des étudiant·e·s. En effet, les étudiant·e·s européen·ne·s déclarent se sentir parfois ou toujours tristes, et 1 étudiant·e sur 3 se sent parfois ou toujours effrayé·e. Cela affecte de manière disproportionnée les filles et les étudiant·e·s défavorisé·e·s sur le plan socio-économique. Ces chiffres importants vont de pair avec la forte prévalence du harcèlement au sein des systèmes éducatifs. Dans l'UE, 51,6 % des étudiant·e·s déclarent avoir été victimes de harcèlement au moins une fois par an (PISA 2018).

Le rapport mentionne également quelques études de cas sur l'intégration du bien-être dans la politique nationale d'éducation. Par exemple, l'Estonie mène une enquête de satisfaction annuelle auprès des étudiant·e·s, des enseignant·e·s et des parents sur base de laquelle les établissements d'enseignement reçoivent des commentaires et des recommandations d'amélioration. Un autre exemple vient de l'Irlande, qui a mis en place une structure globale pour améliorer le bien-être et la santé mentale des étudiant·e·s et des enseignant·e·s à tous les niveaux d'enseignement. Pendant la crise du COVID-19, le pays a développé une série de ressources dédiées pour soutenir les enseignant·e·s, les étudiant·e·s et les parents. Elles incluent, par exemple, des conseils et ressources sur le bien-être pendant la pandémie de COVID-19 (Wellbeing advice and resources during COVID-19), un programme pour se préoccuper de son bien-être (Minding Your Wellbeing Programme), et un soutien pédagogique à distance pour l'enseignement (Remote teaching-support for teaching).

De plus, en ce qui concerne l'impact de la pandémie de COVID-19 sur le bien-être dans l'éducation, des études récentes au niveau de l'UE montrent que l'introduction de l'enseignement à distance d'urgence n'a pas permis d'échapper au harcèlement, mais l'a déplacé dans l'espace numérique. Pendant le confinement, le cyberharcèlement a augmenté de 44 % à 50 %. De plus, environ 1 étudiant·e sur 4 en Europe ne se sent pas pris·e en charge par l'enseignement à distance et pourtant passe 3,5 heures par jour en ligne pour les activités scolaires. En conséquence, l'insomnie, l'anxiété et la dépression augmentent chez les étudiant·e·s.

Alors que la recherche fournit des données importantes sur le bien-être des étudiant·e·s, le CSEE remarque que trop peu d'attention est accordée à l'analyse du bien-être des enseignant·e·s, du personnel académique et du personnel de l'éducation. À cet égard, le Rapport de suivi de l'éducation et de la formation 2021 reconnaît qu' « il existe un lien clair entre la santé mentale des enseignant·e·s et celle des étudiant·e·s », et que « les enseignant·e·s de l'UE connaissent toujours des niveaux élevés de stress lié au travail, […] ce qui affecte leur santé mentale » ; le CSEE fait remarquer qu'il existe toujours un manque de recherche et de mesures concrètes aux niveaux européen et national pour contrer et prévenir le stress lié au travail des enseignant·e·s, des universitaires et des autres personnels de l'éducation.

Le CSEE se tient aux côtés de ses organisations membres pour soutenir le bien-être des enseignant·e·s et des étudiant·e·s dans l'éducation.

 

Pour en savoir plus:

Rapport de suivi de l’éducation et de la formation 2021

Article du CSEE sur le Sommet de l’éducation 2021